Note d’information sur la Gestion de la Crise Electorale de 2015 au Burundi.

19.01.2016

Note d’information sur la Gestion de la Crise Electorale de 2015 au Burundi.

 

Introduction

Depuis avril 2015, quelques zones (04 sur 13) de la ville de Bujumbura sont sous l’insurrection armée issue de la crise politique liée à une divergence d’interprétation de la Constitution au sujet du mandat du Président de la République. Au début de cette crise, 04 communes urbaines sur 11 avaient répondu à l’appel des contestataires mais à l’issue du processus électoral, elles sont redevenues calmes. En guise de rappel, la Cour constitutionnelle, seule l’organe compétent pour trancher en cas de différends nés de l’interprétation de la Constitution, s’est prononcée en faveur de ce mandat avant que la Commission Nationale Electorale Indépendante ne valide sa candidature. Par après, il a remporté les élections de 2015.

En raison de fausses allégations sur la gestion de cette  crise par les forces de l’ordre (Police et l’armée) et de la manipulation de l’opinion à travers les médias et les réseaux sociaux, il sied d’apporter des éclaircissements sur le déroulement et gestion de cet évènement. En principe, les forces de l’ordre n’ont accompli que leurs missions constitutionnelles, lesquelles sont d’ailleurs issues de l’accord d’Arusha, au moment où les organisateurs de l’insurrection s’attendaient à la participation de ces forces au mouvement de contestation.  

La présente note d’information revient principalement sur trois points, à savoir :

Les phases de l’insurrection de 2015
La gestion de l’insurrection par les forces de l’ordre
Les allégations contre les forces de l’ordre

I. PHASE DE L’INSURRECTION DE 2015

Dès le 26 avril 2015, l’insurrection a évolué en plusieurs phases, à savoir les manifestations violentes du 26 avril 2015 ; tentative de coup d’Etat du 13 mai 2015 ; les tirs d’armes à feu et explosion de grenades dans certaines zones de la capitale ; l’attaque du 18 juillet à partir de l’extérieur ;la distribution massive d’armes à la population ; les attaques à la grenade sur les forces de l’ordre ; les assassinats sélectifs des hauts cadres et d’autres acteurs politiques nationaux ; la déstabilisation des forces de l’ordre ( provocation des mutineries et des massacres internes) ; l’attaque des camps militaires ; enlèvement des personnes ; etc.

Toutes ces phases étaient animées et soutenues par des campagnes de rumeurs pour terroriser la population, désinformer et manipuler l’opinion tant nationale qu’internationale ; de calomnies et de diabolisation des forces de l’ordre pour saper leur moral et diviser leurs membres. Elles étaient organisées dans l’esprit de perturber le processus électoral   

 I.  Manifestations violentes

Au début, l’insurrection était maquillée en manifestations de contestation du mandat mais elles se sont rapidement transformées en manifestations violentes, ponctuées de destruction des voies de circulation, d’attaques armées, de rumeurs , d’agression de toutes sortes et de diabolisation des forces de l’ordre, d’assassinats ( y compris par le feu) des personnes présumées favorables au mandat, de perturbation des activités privées et publiques ,de distribution d’armes à feu et d’administration des drogues aux jeunes ( dans les vivres et boissons), etc. L’intention était de perturber la vie nationale et forcer les institutions à quitter la scène politique à l’image du printemps arabe et du Burkina Faso.

La majorité de la population n’a pas répondu à l’appel des organisateurs de cette insurrection, car sur les 129 communes que comptaient le pays, seuls quelques quartiers de quatre communes urbaines ont répondu favorablement à cet appel. Contrairement à ce que les insurgés avaient prévu, les forces de l’ordre ont rétabli la sécurité et ramené la paix et la sécurité conformément à la loi en circonscrivant les violences dans les 04 communes urbaines uniquement. 

II. Tentative de coup d’Etat

Ayant constaté que les violences perpétrées dans les 04 communes urbaines ne suffisaient pas pour chasser les institutions, certains militaires et policiers favorables à l’insurrection ont apporté un appui aux insurgés et sont sortis de leur camps avec des blindés pour chasser les loyalistes qui contrôlaient les quartiers contestataires. Ils ont annoncé le renversement des institutions au moment où le président était en réunion à Dar es Salam  en République unie de Tanzanie, le 13 mai 2015 .Les forces loyalistes ont vite repris les choses en main et ont appréhendé certains meneurs tandis que les autres ont fui vers l’extérieur du pays. D’autres militaires mutins non appréhendés se sont volatilisés dans les quartiers contestataires avec leurs armes.

III.  Terrorisme dans les quartiers contestataires

Dans l’esprit de poursuivre le coup d’Etat, les militaires mutins se sont associés aux insurgés retranchés dans les quartiers contestataires et ont entrepris des actions terroristes de déstabilisation de la capitale en exécutant des tirs à l’arme à feu et des explosions de grenades à longueur des nuits. Cela pour montrer à la population que le coup d’Etat n’avait pas échoué. Ils ont aussi mené des attaques à la grenade sur les biens publics,  sur la population, dans les gares routières, dans les véhicules de transport en commun et dans les bistrots. Les forces de l’ordre loyalistes ont maitrisé cette situation et la plupart de ces insurgés et mutins ont été appréhendés et traduits devant la justice.

IV. Attaque de Kabarore et de Bukinanyana

Kabarore et Bukinanyana sont deux communes du pays frontalières avec le Rwanda qui ont été attaquées par des rebelles burundais le 10 juillet 2015. Ils ont été battus en quelques jours et plusieurs d’entre eux capturés et traduits devant la justice. Parmi eux figuraient plusieurs enfants qui ont été capturés et remis à l’UNICEF.

V. Distribution massive d’armes dans le pays  

Ayant constaté que l’insurrection reste circonscrite dans quelques quartiers contestataires de la capitale , que la grande majorité de la population n’est pas du tout favorable à l’insurrection et que le coup d’Etat et l’attaque du 10 juillet 2015 ont échoué ,les organisateurs de l’insurrection ont tenté de distribuer les armes et grenades dans certaines communes rurales du pays comme Giteranyi, Gisuru, Busoni, Matana , Ryansoro,Mukike, Mugongo Manga, Burambi, Kibago, etc. Mais la population a rapidement informé les forces de l’ordre qui les ont récupérées et capturé les infiltrés qui s’apprêtaient à les utiliser.

VI. Fragilisation des forces de l’ordre et assassinats sélectifs

Dans l’esprit de provoquer des massacres internes au sein des forces de l’ordre et éventuellement des massacres interethniques, les insurgés ont planifié et organisé des assassinats ciblés des hauts gradés et d’autres personnalités sensibles. C’est ainsi qu’ils ont assassiné le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana, ancien haut Responsable des Services de Renseignement et le Colonel en retraite Jean Bikomagu, ancien Chef d’Etat –Major Général de l’ex – Force Armée Burundaise.

Ils ont aussi tenté d’assassiner l’actuel Chef d’Etat –major Général de la Force de Défense Nationale, un Général de la Police Nationale du Burundi, et un Représentant du Peuple et le Président de l’APRODH. Ces assassinats sélectifs et ciblés avaient pour objectif d’attiser la haine et la colère au sein des forces de l’ordre afin de provoquer des représailles et des massacres au sein des militaires et policiers ou au sein de la population.  Heureusement, cette macabre situation ne s’est pas produite étant donné que la population burundaise et les membres des forces de l’ordre n’ont pas été  favorables à l’intoxication et à la manipulation organisée par des politiciens.

VII. Attaque des camps militaires

Pour des raisons de recherche d’armes et dans l’objectif de forcer ralliement des militaires qui seraient favorables aux insurgés, ces derniers ont mené, le 11 Décembre 2015, des attaques simultanées sur 04 camps militaires dont 03 à Bujumbura et un autre à Mujejuru, à une quarantaine de Kilomètre. Au début de l’attaque et à travers les réseaux sociaux, ils ont annoncé la prise de ces camps militaires et la récupération d’une grande  quantité d’armement. Après la déroute de leurs hommes, dont la plupart étaient des jeunes gens drogués et portant sur eux des drogues, ils ont changé la communication et  ont commencé à accuser les forces de l’ordre d’avoir commis du génocide.

II. GESTION DE L’INSURRECTION PAR LES FORCES DE L’ORDRE

Cadre d’intervention de forces de l’ordre

Face à  cette insurrection et tout au long des différentes phases, les forces de l’ordre ont accompli leurs missions constitutionnelles de défense du territoire, de maintien et de rétablissement d’ordre et de sécurité publics, de sécurisation de la population et de ses biens, de sécurisation des institutions.

En plus de ces missions, le renforcement de la cohésion et de la discipline au sein des membres des forces de l’ordre a été le souci permanent de la hiérarchie parce que les organisateurs de l’insurrection misaient beaucoup sur la remise en cause de l’intégration et la subversion au sein de forces de l’ordre. Tantôt c’était la manipulation pour rallier la cause de l’insurrection, tantôt c’était la diabolisation pour diviser les hommes en uniforme. Cependant, durant cette période, les forces de l’ordre devraient assurer la sécurité de tout le processus électoral qui faisait objet officiel de contestation.

Défis rencontrés

La problématique de la gestion de cette crise fut l’armement des jeunes et leur administration des drogues sans oublier l’usage systématique par les insurgés des armes et des grenades contre les forces de l’ordre. En effet, les jeunes insurgés étaient nourris ensembles et leurs repas contenaient une dose de stupéfiants pour les inciter à affronter les forces de l’ordre sans tenir compte des risques. Heureusement, une maitrise de soi et une retenue extraordinaire ont caractérisé les forces de l’ordre, sinon il y aurait eu d’énormes pertes en vies humaines.

Cela étant, lors des attaques des insurgés et pendant les opérations de rétablissement de la sécurité, de défense du territoire, de rétablissement de la légalité, du désarmement et de la sécurisation de la population ; les insurgés drogués et encouragés par des messages qui circulaient sur les réseaux sociaux affrontaient les forces de l’ordre avec armes, grenades, mortiers et lance-roquette. Dans la plupart des fois, ces opérations ont lieu dans les quartiers insurrectionnels. Les forces de l’ordre étaient obligées de faire usage  de la contrainte tout en appliquant les principes de légitime défense. C’est pourquoi il y a eu des pertes en vies humaines de deux côtés (insurgés et forces de l’ordre) et, quelques fois l’on a enregistré des victimes civiles collatérales.

D’autres insurgés et leurs complices ont été appréhendés et traduit devant la justice. A ces défis, il s’ajoutait celui de la manipulation des membres de forces de l’ordre dont certains ont participé à la tentative de coup d’Etat et  l’assassinat de leurs chefs.

Bilan de la crise

A part les destructions, incendies, pillages et vols commis par les insurgés ainsi que des répercussions économiques et sociales, l’insurrection a déjà causé une centaine de perte en vies humaines (insurgés, forces de l’ordre et victimes collatérales) dont 50 policiers tués, 357 policiers blessés dont 11  amputés de jambes ou bras.

Les insurgés et mutins ont aussi causé d’énormes dégâts matériels à la police parce qu’ils ont commis, le jour de la tentative de coup d’Etat, des pillages, des vols et des destructions évaluées à plus de 13.000.000.000 de francs Burundi. Les pertes en vies humaines des insurgés et des civiles innocentes ne sont pas connues exactement car, certains organismes en font des fonds de commerce ou de chantage.

Situation actuelle au début de l’année

Après avoir exécuté plusieurs plans de déstabilisation du pays ; après avoir constaté que la majorité des burundais n’ont pas répondu à cette déstabilisation ; après avoir échoué sur le plan de la déstabilisation des forces de l’ordre ; les insurgés multiplient les rumeurs pour déstabiliser et terroriser la population, les accusations contre les forces de l’ordre et la manipulation de l’opinion afin de provoquer une intervention étrangère.

Pourtant, la situation est normale dans toutes les provinces du pays, la population vaque normalement à ses activités, mais il reste des résidus des insurgés dans les communes sous insurrection qui, pour la plupart  drogués, s’attaquent aux positions faibles de la police ou des militaires et se dissimilent dans la population qu’ils transforment en boucliers humains.

D’autres se sont transformé en bandes armés qui enlèvent des personnes, y compris des membres des forces de    l’ordre (02 policiers et 05 militaires ont été enlevés) pour des fins de rançons. S’ils ne reçoivent pas rançons, ils les tuent et jettent leurs corps sans vie dans la brousse et les autres sont exposés dans les rues.

III. ALLEGATIONS CONTRE LES FORCES DE L’ORDRE

De fausses allégations et accusations calomnieuses sont régulièrement fomentées et diffusées à travers les medias et le réseaux sociaux faisant croire à l’opinion que les forces de l’ordre sont en train de commettre des violations graves des droits de l’homme et d’assassiner les insurgés. En réalité, les forces de l’ordre sont victimes de leur loyauté aux institutions et de leur cohésion en ce sens qu’elles sont à l’origine de l’échec de tous les plans de l’insurrection.

En effet, les forces de l’ordre sont restées soudées et loyales et n’ont pas répondu à l’appel de mutinerie, elles n’ont pas fermé l’œil aux actes de déstabilisation, elles n’ont pas toléré l’armement de la population et des milices, elles ont accompli leur tâche de gardien de la paix. C’est pourquoi elles sont devenues des bêtes noirs  à abattre et cibles de toute sorte de calomnie et de diabolisation dans l’esprit de les salir et de les intimider.

Les allégations graves qui ont été diffusées par écrit ou par images (il y a eu d’autres images d’autres catastrophes humanitaires qui ont été attribuées au Burundi) via les réseaux sociaux sont notamment :

La collaboration avec Interahamwe et Imbonerakure :

Cette allégation n’avait que pour but de diviser les policiers et les militaires étant donné que les insurgés et leurs complices attribuaient la qualité d’Imbonerakure à une partie d’hommes  en uniforme issus des ex-mouvements et partis armés. En citant Interahamwe, auteurs du génocide rwandais de 1994, ils voulaient inciter une certaine puissance étrangère à soutenir l’insurrection et à manipuler l’opinion sur un éventuel génocide.

Violences graves et tirs sans sommation sur les manifestants :

Tous les membres des forces de l’ordre ont appris l’usage légal de la force et tous les moyens ont été utilisés progressivement y compris les tirs de sommation, avec des cartouches à blanc, dans l’esprit de dissuader les manifestants à cesser l’usage des armes à feu et le jet des grenades sur les forces de l’ordre. Aussi, en cas de nécessité, les principes légaux de légitime défense ont été respecté et il sied de signaler que les forces de l’ordre ont été caractérisé par une retenue légendaire parce qu’à plusieurs reprises, elles ont été obligées de fuir et de battre la retraite au lieu de répliquer directement aux tirs ou aux jets de grenades, cela pour éviter le bain de sang.

Cela étant, il y a eu malheureusement des cas isolés de tirs sans ordre  en direction des insurgés, ce qui a entrainé des cas de morts et de blessures de ceux-ci mais les auteurs ont été immédiatement relevés et traduit devant la justice. Ainsi, 13 policiers accusés de meurtre, d’assassinat et de tentative d’assassinat sont emprisonnés tandis que 06 autres accusés des mêmes infractions ont déserté le service pour échapper à la justice.

Torture exercée sur les personnes appréhendées :

Cette fausse allégation a été vérifiée sans succès par les organismes nationaux et internationaux chargés de la protection de la personne humaine basés à Bujumbura qui ont visité les différents lieux de garde-à-vue et d’autres lieux qui avaient été signalés comme lieux de détention illégaux. A part des violations commises lors des arrestations, aucune violation n’a été commise sur les prévenus pendant la garde-à-vue.

Signalons que le nombre de personnes appréhendées pendant cette période d’insurrection dépassait la capacité d’accueil des lieux de garde-à-vue et que les conditions de détention étaient plus précaires qu’à l’accoutumé. De plus, à un certain moment  les prévenus n’étaient pas ravitaillés et soignés parce que leurs familles étaient embrigadées dans les quartiers par les insurgés alors que les services chargés de l’application de la loi ne disposent pas de budget pour soigner et nourrir les prévenus.

Conclusion

Comme les organisateurs de l’insurrection avaient l’objectif de renverser les institutions et comptaient sur la participation active de forces de l’ordre (en bloc ou divisées) et que celles-ci n’ont pas répondu favorablement à cette sollicitation, ils ont tenté, à plusieurs reprises à opposer la police contre l’armée pour provoquer des mutineries et massacres entre les membres de ces corps. C’est pourquoi elles sont devenues  des ennemis à battre physiquement et moralement. D’où une farouche diabolisation des forces de l’ordre et de leur hiérarchie.

Les forces de l’ordre sont donc victimes de leur loyauté et  de leur attachement à la cohésion et à l’intégration. Elles sont aussi victimes de leurs missions et de leur probité parce qu’en réalité, non seulement elles ont accompli leurs missions, mais aussi elles ont apporté leur assistance à un peuple en danger. Malheureusement, chaque fois que les forces de l’ordre sont intervenues pour arrêter les violences, assassinats et autres crimes commis par les insurgés ou pour désarmer les bandes de ceux-ci, les organisateurs de l’insurrection criaient à la violation de leurs droits et de leurs libertés, comme si leurs crimes étaient légalisés et soutenus par la communauté internationale.

Cela étant, quel que soit le mobile de l’insurrection, il aurait été inconcevable et inadmissible que les forces de l’ordre s’abstiennent de porter secours aux populations en détresse, assistent aux destructions et aux pillages, participent à la déstabilisation des institutions, laissent se développer les milices armées ou battent la retraite devant les hordes d’insurgés qui risquaient de mettre à sang et à feu le pays.

Quant aux éventuelles violations des droits de l’homme par certains membres des forces de l’ordre qui n’auraient pas été sanctionnés, les victimes peuvent adresser les plaintes à la justice. Il en sera de même pour celles qui sont en train d’être commises par les insurgés.

Il est enfin regrettable que l’instrumentalisation, l’armement et l’administration des drogues aux jeunes ainsi que la manipulation de l’opinion par de fausses rumeurs soient devenus outils de mobilisation de la jeunesse dont l’avenir risque d’être compromis si les acteurs nationaux et internationaux ne les condamnent et ne les dénoncent pas à temps.

Les aspects politiques, diplomatiques et judiciaires de cette insurrection n’ont pas été développés parce que la loi interdit aux membres des forces de l’ordre de s’ingérer dans les affaires des autres secteurs de la vie nationale.

A travers cette note, il ressort que la situation sécuritaire reste globalement bonne sur l’ensemble du territoire national. La police nationale du Burundi reste vigilante et prête à traquer et à prévenir toute forme d’insécurité et à appréhender les criminels et les présumés auteurs d’infraction. Une attention particulière est réservée  au désarmement des détenteurs illégaux d’armes à feu.